
Le « CCMI » - Contrat de construction d’une maison individuelle- est le seul contrat réglementé, en l’occurrence par la loi du 19 décembre 1990, pour faire construire votre maison. Il a notamment l’avantage d’encadrer votre projet depuis sa conception jusqu’à son achèvement.
Il existe deux types de CCMI :
Quel que soit le type de contrat que vous signerez, celui-ci doit impérativement être écrit sous peine de sanctions pénales et doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires destinées à mieux vous informer, comme : la description du terrain, la consistance et les caractéristiques techniques de la maison, la justification des garanties, le prix convenu et ses modalités de révision, l’échelonnement du paiement, le coût des travaux dont l’acquéreur se réserve l’exécution (travaux réservés)…
Soulignons que six clauses sont réputées « non écrites », c’est-à-dire illégales et inapplicables. Elles ne peuvent jamais être citées dans votre contrat de construction. Il s’agit par exemple des clauses qui interdisent à l’acquéreur de visiter le chantier avant chaque échéance de paiement et à la réception des travaux ou encore celles qui subordonnent la remise des clefs au paiement intégral du prix.
Le CCMI contient également cinq conditions suspensives, à savoir : l’acquisition du terrain, l’obtention du permis de construire, des prêts, de la garantie de livraison par le constructeur et de l’assurance dommages-ouvrage. Rappelons que les conditions suspensives sont des conditions qui annulent le contrat de construction si elles ne se réalisent pas. Bien sûr le contrat doit préciser le délai maximal de réalisation de toutes ces conditions.
Enfin, certaines pièces doivent être annexées au contrat comme le plan de la maison, une notice d’information et une notice descriptive qui va détailler tous les éléments de construction, y compris les matériaux, les branchements, les raccordements, etc. Cette notice fait également référence aux travaux réservés qu’il est possible de supprimer. En effet, une fois le contrat signé, l’acquéreur dispose de quatre mois pour revenir sur sa décision et demander alors au constructeur de réaliser lui-même ces travaux au prix fixé dans la notice.
A noter : dès que le contrat est rédigé et paraphé, le constructeur doit vous l’envoyer par lettre recommandée. Vous avez alors sept jours, à compter du moment où vous le recevez, pour vous rétracter sans avoir à vous expliquer ou à vous justifier.
Le CCMI vous garantit que le prix indiqué contractuellement est ferme et définitif et qu’il correspond au coût global de votre maison. Si le constructeur n’est pas en droit de vous réclamer de l’argent avant la signature du contrat, il peut néanmoins vous imposer de verser un dépôt de garantie de 3% maximum du prix sur un compte spécial auprès d’un organisme habilité. Bien entendu, cette démarche n’est valable que si une clause du contrat le prévoit ! Le CCMI indique donc le prix mais il précise également l’échelonnement du paiement puisque vous paierez votre maison au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Un échelonnement qui diffère selon que le constructeur est titulaire ou non d’une garantie de remboursement mais qui très souvent se présente de la manière suivante : 15 % du prix à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air… et 95 % à la fin des travaux. Le solde - 5% du prix- est acquitté le jour de la réception de la maison, excepté si vous émettez des réserves. Le constructeur devra alors attendre la « levée de réserves »…
A noter : le CCMI indique un prix définitif, à moins qu’il prévoit une révision du prix ! Cette révision ne peut se faire qu’en se référant à l’ « index national du bâtiment tous corps d’état », c’est-à-dire l’index BT 01, et selon certaines modalités qui, de toutes façons, doivent être portées à votre connaissance avant la signature du contrat et avant d’être mentionnées dans le CCMI.
Vous l’aurez compris le CCMI protège vos intérêts… d’ailleurs la loi prévoit à cet effet deux types de garanties dites « financières » :
A noter : la garantie de livraison est également très appréciée et appréciable lorsque le constructeur est mis en redressement judiciaire puisque là encore le garant prend le relais et intervient pour suppléer le constructeur. Cette garantie prend effet dès l’ouverture du chantier et cesse soit lorsque la réception des travaux a été constatée par écrit et que vous étiez assisté par un spécialiste habilité, soit à l’expiration du délai de huit jours suivant la réception si vous étiez seul, sans « assistance » (ce délai étant prévu pour dénoncer les vices apparents) soit à la levée des réserves.